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Symptômes et diagnostic
La période d'incubation dure habituellement 7 à 10 jours avec des fluctuations pouvant aller de 4 à 21 jours voire plus. (2,8)
La coqueluche du nourrisson
50% des coqueluches surviennent avant l'âge de 1 an. (8)
Contrairement à d'autres maladies, et concernant la coqueluche, le nourrisson n'est pas protégé par des anticorps transmis par sa mère pendant la grossesse ; il est donc vulnérable dès la période néonatale. (8)
Au début de la maladie, les symptômes ne sont pas spécifiques : on peut observer un rhume, une conjonctivite, une toux modérée, une fébricule.
La toux prédomine généralement le soir et peut entraîner des vomissements. (6)
7 à 10 jours plus tard, survient la période des quintes. C'est à ce stade de la maladie que le diagnostic de coqueluche est habituellement suspecté. (2,6)
Les quintes sont des accès de toux répétés pouvant entraîner une congestion du visage, une coloration bleutée des lèvres et des extrémités (cyanose), et se terminant par une reprise inspiratoire sonore comparable au chant du coq. (9)
Les quintes sont épuisantes et s'accompagnent souvent de vomissement.(6)
La température est le plus souvent normale durant cette période.
Entre les quintes, l'examen clinique du nourrisson est le plus souvent normal. (8)
Habituellement, les quintes augmentent en fréquence au cours des deux premières semaines, puis se stabilisent pendant 2 à 4 semaines (période de plateau), pour ensuite décroître. (2,9)
Pendant la période de plateau, le nourrisson présente en moyenne de 15 à 20 quintes par 24 heures. (9,2)
Les quintes surviennent préférentiellement la nuit.
Chez le petit nourrisson (avant l'âge de 3 mois), les quintes de toux sont souvent mal tolérées, s'accompagnant d'accès de cyanose (quintes asphyxiantes), de blocage respiratoire (apnée) et de ralentissements de la fréquence cardiaque. Elles nécessitent donc une vigilance toute particulière (8) car elles peuvent compromettre le pronostic vital à tout moment (risque mortel en l'absence de stimulation respiratoire immédiate et énergique) (8).
C'est pour cette raison qu'il est recommandé d'hospitaliser ces bébés pour les mettre sous surveillance cardio-respiratoire.
Après la période des quintes, pendant plusieurs semaines, persiste une toux non quinteuse. Celle-ci régressera progressivement.
La coqueluche de l'adolescent et de l'adulte
Certains adolescents et adultes ne sont plus protégés, du fait de la perte assez rapide de l'immunité vaccinale, en l'absence de rappel vaccinal depuis la petite enfance, et faute de contact avec la maladie qui est devenue rare. Ils peuvent donc être contaminés.
Le diagnostic de coqueluche reste difficile et souvent méconnu chez l'adolescent et l'adulte, car si le diagnostic clinique est facilement évoqué car typique chez le nourrisson et l'enfant non vacciné, il reste difficile et souvent méconnu chez l'adolescent et l'adulte.(7)
Ces personnes peuvent donc contaminer des nourrissons très jeunes non vaccinés, qui sont en général soit leur propre enfant, soit des nourrissons de leur entourage. (1)
Dans plus de la moitié des cas, les nourrissons sont contaminés par leurs propres parents. (4)
Chez le grand enfant et l'adulte, la coqueluche peut se présenter de façon variable : on peut observer :
- des formes passant totalement inaperçues,
- des formes avec une toux chronique non spécifique dont le diagnostic est difficile,
- plus rarement des formes davantage évocatrices avec quintes.
En pratique, toute toux prolongée de l'adulte et du vieillard doit faire rechercher une coqueluche. (5)
Souvent, plusieurs consultations médicales sont nécessaires avant que ne soit porté le diagnostic de coqueluche. La durée de la toux avant le diagnostic est d'environ 36 à 54 jours. (7)
Diagnostic
Le diagnostic de la coqueluche est essentiel car il permet une prise en charge précoce des sujets à risque de complications (jeunes nourrissons) et un traitement des sujets contagieux (ceux qui toussent) afin de limiter la transmission. (7)
En cas de coqueluche typique, le diagnostic est facilement évoqué d'autant plus qu'il s'agit d'un sujet non ou mal vacciné ou ayant été en contact avec une personne présentant une coqueluche.
Lorsque l'on suspecte le diagnostic de coqueluche, il faut le confirmer en réalisant des examens complémentaires :
- Sur la prise de sang (Numération Formule Sanguine), on observe fréquemment une augmentation du nombre des globules blancs, en particulier des lymphocytes sanguins : on parle d'hyperlymphocytose. (2)
C'est un signe très évocateur de coqueluche. - On peut isoler la bactérie sur des milieux de culture spécifiques, à partir d'une aspiration des sécrétions nasopharyngées. Cet examen doit être réalisé précocement, dans la 1ère semaine de toux (5), avant la mise sous antibiotiques.
Le résultat est obtenu en 5 à 7 jours (6). Si la culture retrouve la bactérie, le diagnostic de coqueluche est confirmé. - On peut identifier le matériel génétique de la bactérie à partir d'une aspiration des sécrétions nasopharyngées(PCR). Cet examen peut être réalisé durant les 3 premières semaines de toux (6). Il est plus rapide que la culture (2) et il est réalisable même si le sujet a été mis sous antibiotiques.
- On peut déterminer le taux des anticorps dirigés contre la toxine de la coqueluche sur deux prélèvements sanguins (sérums) réalisés à un mois d'intervalle (l'un au début de la maladie et l'autre en fin de maladie). On parle alors de diagnostic sérologique.
Le diagnostic sérologique est considéré comme positif s'il existe une augmentation importante ou une diminution du taux d'anticorps entre le premier et le second sérum. (6,8)
Sources :
1. Direction générale de la Santé/ Comité technique des vaccinations - Guide des vaccinations édition 2008 - éditions inpes - La vaccination contre la coqueluche
http://www.inpes.sante.fr/10000/themes/vaccination/guide_2008/pdf/GV2008_P2_Coq.pdf
2. Centers for Disease Control and prevention - National Immunization Program - Pertussis - Site internet : http://www.cdc.gov/niP/publications/pink/pert.pdf
4. Bonmarin I, Bouraoui L, Guiso N et al. Renacoq : surveillance de la coqueluche à l'hôpital en 2004.BEH n°17/2006, 25 avril 2006
5. Site internet de l'institut Pasteur - Maladies Infectieuses : La coqueluche. Mise à jour : avril 2008 - http://www.pasteur.fr/
6. Floret D, Bonmarin I, Deutsch P, et al. Action to be taken when facing one or more cases of whooping-cough. Arch Pediatr. 2005; 12(8): 1281-91.
7. Grimprel E. La coqueluche en pratique en 2006. Revue française d'allergologie et d'immunologie clinique 2006 ;46 :548-551.
8. CMIT. Coqueluche. In E. PILLY : Vivactis Plus Ed ; 2006 : pp 370-3.
9. Institut National de veille Sanitaire - Guide coqueluche : Recommandations lors des cas groupés de coqueluche - Mise à jour : 23 sept 1996 - http://www.invs.sante.fr/publications/guides/renacoq/page.html#rep1
RT: Dernière mise à jour 13 avril 2011: RP02133

