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Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO)

Prise en charge

Il existe une prise en charge aussi bien médicamenteuse que comportementale et hygiénique.

Arrêt du tabagisme

La première action contre la maladie consiste à supprimer l’exposition aux facteurs de risques. L’arrêt du tabac est un impératif ainsi que celui de l’exposition aux polluants responsables des troubles respiratoires pour enrayer l’évolution vers une insuffisance respiratoire sévère.

Concernant le tabac, tous les moyens doivent être mis en œuvre  pour convaincre le patient d’arrêter de fumer, par exemple l’inciter à aller aux consultations anti-tabac, utiliser les gommes à mâcher,…

Hygiène de vie

  • La pratique d’une activité physique régulière et adaptée, afin d’entretenir ses performances physiques (cardio-pulmonaires et musculaires) ;
  • Une alimentation équilibrée pour maintenir un poids optimal. Le surpoids gêne les mouvements respiratoires et complique la maladie. Dans les formes sévères de BPCO, il est fréquent d’observer une perte importante de poids, avec un risque de dénutrition.

En cas de sécrétions (crachats) abondantes, la pratique quotidienne du drainage bronchique permet de s’en débarrasser et, par conséquent, de contribuer à diminuer l’essoufflement, avoir un meilleur sommeil et prévenir les surinfections.

Traitements

1) Les traitements médicamenteux symptomatiques

Ils diminuent les symptômes de la maladie :

  • Les bronchodilatateurs sont la base de la prise en charge médicamenteuse et le mode d’administration possédant le meilleur rapport efficacité/tolérance est la voie inhalée (1) ;
  • L’administration journalière de corticoïdes par inhalation (actifs sur l’inflammation bronchique) en association avec un bronchodilatateur doit être réservée aux patients présentant une BPCO sévère avec exacerbations fréquentes et des symptômes significatifs, malgré un traitement bronchodilatateur continu (1) ; 
  • Un traitement de longue durée par des corticoïdes systémiques doit être évité, car le rapport bénéfice/risque est défavorable (1) ;
  • Quant aux antibiotiques, il faut les réserver aux infections bactériennes broncho-pulmonaires avérées chez les patients ayant dépassé le stade 1 de la BPCO (modification et/ou augmentation franche du volume et de l’aspect des crachats qui deviennent purulents + dyspnée) (1).


2) La réhabilitation et la kinésithérapie

Les patients porteurs d’une bronchite chronique dyspnéique et intolérants à l’effort devraient pratiquer des programmes de réentraînement à l’exercice physique (en institution, en ambulatoire ou à domicile). La réhabilitation respiratoire est un élément majeur de la prise en charge de ces malades. Elle améliore leur qualité de vie (1).

3) L’oxygénothérapie de longue durée (OLD)

Une OLD est indiquée chez les patients lorsque, à distance d’un épisode aigu et sous réserve d’un traitement optimal (arrêt du tabagisme, traitement bronchodilatateur et kinésithérapie), 2 mesures des gaz du sang artériel en air ambiant à au moins 3 semaines d’intervalle ont montré une paO2 diurne inférieure ou égale à 55 mmHg (1).


4) Autres traitements médicamenteux

Les théophyllines sont proposées en cas de difficulté d’utilisation des bronchodilatateurs inhalés ou d’amélioration insuffisante de la dyspnée.

La vaccination anti-grippale annuelle est indiquée dans la BPCO (1).

La vaccination anti-pneumococcique, répétée tous les 5 ans, est souhaitable chez les patients âgés de plus de 65 ans ou dont la BPCO est sévère (1).

Le suivi du patient

A chaque consultation, il est important de faire un état des lieux sur la maladie et sa prise en charge.
Dans un premier temps, une EFR doit être réalisée. Pour la compléter et évaluer l’impact de la BPCO, le recours aux questionnaires est recommandé.

Le St George’s Respiratory Questionnaire (SGRQ) est considéré comme l’outil de référence pour la mesure de l’impact global de la BPCO sur le patient, mais il est surtout utilisé dans les études cliniques du fait de sa longueur.

Pour cette raison un auto-questionnaire simple a été développé évaluant l’impact de la BPCO sur la  vie quotidienne des patients. Ce questionnaire se nomme le CAT. Le score du CAT est un bon indicateur de l’amélioration ou de la détérioration de l’état de santé du patient.

Le CAT est un questionnaire simple et court (en 8 questions) que les patients peuvent compléter aisément et rapidement. Il fournit une base de discussion pour les médecins et leurs patients atteints de BPCO. Le CAT doit permettre aux médecins et à leurs patients d’avoir un langage commun afin de mieux évaluer l’impact de la maladie sur la vie quotidienne.

Il doit également  aider à identifier dans quels domaines la BPCO affecte le plus l’état de santé des patients. Grâce à cela, les médecins sont mieux informés lorsque qu’ils envisagent avec leurs patients la prise en charge de la maladie.

Quel est l'état de votre BPCO ?
Répondez au questionnaire CAT
: http://www.catestonline.org/english/index_France.htm


Source :
(1) SPLF - Recommandations pour la prise en charge de la BPCO – Actualisation 2003. Argumentaire, Rev. Mal. Respir. 2003 ; (20) : 4539-45.


RT: Dernière mise à jour 18 mai 2011: RP02064